L'École des maîtres-mineurs (1845-1918)

Au cours des premières décennies, l'École s'établit sur de bonnes assises puis s'y consolida, en se préparant aux essors futurs.

Sollicités par des sociétés minières françaises, d'Afrique du Nord ou de l'étranger, les anciens élèves eurent une grande facilité pour se placer. Dès 1857, les Alaisiens se répartissaient déjà dans 32 départements différents et près de 10 à 15% d'entre eux n'avaient pas hésité à choisir un poste dans les colonies ou à l'étranger. Ce succès contribua à accroître l'afflux de candidats en provenance de toutes les régions de France.

Avec l'introduction de l'électricité et le développement du machinisme, l'exploitation des mines devint plus complexe. L'École dut s'adapter à ces progrès et l'enseignement fut peu à peu élargi. Un décret de 1883 permit aux élèves sortant en tête de leur promotion d'être recrutés directement, sans examen, pour l'emploi de gardes-mines. (Ces gardes-mines deviendront ultérieurement les ingénieurs des TPE-mines, puis les ingénieurs de l'industrie et des mines). C'est également en 1883 que se constitua l'Association Amicale des Anciens Élèves de l'École des Mines d'Alais. Ce groupement qui a toujours participé activement aux actions successives destinées à valoriser l'École, s'employa, dès 1885, à faire progresser son niveau et à faire officiellement reconnaître la valeur de la formation par l'attribution d'un diplôme reflétant plus équitablement la qualification reconnue par la profession.

Après 45 années d'existence, le conseil d'administration demanda un relèvement général des études. Seul changement retenu alors, le brevet attribué à la sortie devenait "diplôme de maître-mineur". Toutefois, la direction de l'École continua d'élever l'enseignement aux extrêmes limites du cadre autorisé et à œuvrer patiemment pour obtenir une consécration officielle. Le décret et l'arrêté de 1907 apportèrent, pour l'époque, une amélioration satisfaisante du niveau de l'École, qui devint "École des maîtres-mineurs".

L'École poursuivit sa marche ascendante : le nombre de candidats doubla entre 1907 et 1911. En 1913, une double constatation s'imposa : les anciens élèves n'occupaient plus que très exceptionnellement des emplois de maîtres-mineurs, mais plutôt des fonctions de chefs d'exploitation, ingénieurs, sous-ingénieurs. Quant au recrutement, il ne s'adressait plus vraiment aux simples ouvriers mineurs qui, à quelques exceptions près, ne se présentent plus. Un projet de renforcement de l'enseignement fut présenté, mais la guerre de 14-18 provoqua un blocage radical puisque l'École dut fermer ses portes.